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Les mères et grand-mères de la Place de Mai

  • La rédaction d'Amalthée
  • il y a 3 heures
  • 5 min de lecture
Photographie d'Alejandro Reynoso montrant la mobilisation des Mères et Grand-mères de la Place de Mai le 24 mars 2008, Journée nationale de la Mémoire pour la Vérité et la Justice, qui est un jour férié consacré au souvenir des victimes de la dernière dictature argentine depuis 2006 (source).
Photographie d'Alejandro Reynoso montrant la mobilisation des Mères et Grand-mères de la Place de Mai le 24 mars 2008, Journée nationale de la Mémoire pour la Vérité et la Justice, qui est un jour férié consacré au souvenir des victimes de la dernière dictature argentine depuis 2006 (source).

Chaque jeudi depuis presque 50 ans, de nombreuses femmes portant un foulard blanc sur leurs cheveux et se tenant par le bras font le tour de la Place de Mai à Buenos Aires, en Argentine, attendant sans relâche la vérité et la justice vis-à-vis de leurs descendants.

De 1976 à 1983, l'Argentine est gouvernée par la dictature militaire de Jorge Videla, issue d’un coup d'Etat. Durant cette période répressive, le régime a arrêté des milliers de personnes soupçonnées d'être opposées au pouvoir : environ 30 000 personnes ont disparu et ont été assassinées, beaucoup d’entre elles n'ont jamais été retrouvées. En 1977, les mères de ces disparus ont commencé à se réunir devant la palais présidentiel, situé face à la Plaza de Mayo à Buenos Aires pour réclamer la vérité au sujet de la disparition de leurs enfants.


QUI SONT-ELLES ?

Ce sont des femmes argentines formant une ONG qui cherchent leurs enfants et petits-enfants : elles réclament la vérité sur leurs enfants disparus et la connaissance de l'identité de leurs petits-enfants volés par la dictature.

Le régime a enlevé, torturé, tué et jeté à la mer depuis des avions des dizaines de milliers d’opposants politiques, los desaparecidos.


LE COMMENCEMENT DU MOUVEMENT

Tout commence le 30 avril 1977, quatorze femmes se retrouvent Place de Mai devant le palais présidentiel. Elles se tiennent par le bras et marchent ensemble faisant le tour de la place revendiquant la vérité sur la disparition de leurs enfants. Il faut peu de temps pour que de nouvelles femmes osent se joindre au mouvement. Celui-ci est perçu de différentes façons selon le point de vue : le gouvernement tente de les discréditer en énonçant le fait qu'elles mentent et va dans ce but les appeler « les folles de la Place de Mai ». Certaines de ces femmes ont même été arrêtées et ont à leur tour disparu, par exemple Azucena Villaflor de De Vicentii, Maria Eugenia (Mary) Ponce de Bianco et Esther Ballestrino de Careaga. Toutes les trois font partie des fondatrices de l’association des Mères de la place de Mai et elles ont disparu en décembre 1977.


Leur mouvement est symbolisé par un foulard blanc avec le nom de leurs enfants, qu’elles portent sur les cheveux. Ces foulards blancs symbolisent les couches de leurs enfants disparus. Ces femmes cherchent à ce qu'on reconnaisse leurs actions et vont utiliser différents moyens pour atteindre leur but. Elles vont par exemple créer une longue banderole affichant les photos et l’identité de tous les disparus ou attirer l’attention des reporteurs étrangers présents en Argentine à l’occasion de la Coupe du monde de football de 1977.

Les mères et grand-mères en train de manifester devant le palais présidentiel à Buenos Aires, en Argentine vêtues de leurs symbole, le foulard blanc avec les prénoms de leurs enfants disparus vers 1977 (source).
Les mères et grand-mères en train de manifester devant le palais présidentiel à Buenos Aires, en Argentine vêtues de leurs symbole, le foulard blanc avec les prénoms de leurs enfants disparus vers 1977 (source).

LA CRÉATION DES ASSOCIATIONS

Peu après le commencement du mouvement, certaines femmes découvrent que leurs petits enfants nés en captivité ou enlevés avec leurs parents ont été confiés illégalement à d'autres familles afin de leur inculquer une éducation en accord avec l'idéologie du régime. Elles décident donc de fonder deux associations, une pour les mères « Madres de Plaza de Mayo » et une pour les grands-mères « Abuelas de Plaza de Mayo », toutes les deux créées en 1977, cherchent à retrouver leurs enfants disparus et réclament qu’on leur fasse justice.


Ces deux associations sont liées mais se sont chacune spécialisée dans une mission particulière. Les mères cherchent la vérité sur leurs enfants disparus et les grands-mères cherchent à retrouver leurs petits-enfants volés et à leurs rendre leurs véritables identités.


LA RECONNAISSANCE

Avec le temps, leur lutte a été reconnue à plusieurs niveaux. Après un retour à la démocratie en 1983, l'Etat argentin reconnaît enfin les crimes de la dictature et plusieurs procès sont réalisés contre les responsables de la dictature civile et militaire. Les recherches d'enfants volés deviennent une priorité politique publique et un sujet central dans l'actualité de l'époque.

Le mouvement a même pris une dimension internationale, avec des remises de prix comme le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le parlement européen en 1992 aux Mères de la place de Mai. Le prix Felix Houphounet Boigny pour la recherche de la paix décerné par l'UNESCO, a été attribué aux Grands-mères en 2010. Elles ont également été nommées cinq années de suite au Prix Nobel de la Paix entre 2008 et 2012.

Enfin, la présidente historique des Grands-mères, Estella De Carlotto, a reçu le Prix des droits de l'homme des Nations unies en 2003 pour son travail en faveur de la vérité et de la justice.

Ce sont des femmes argentines dont les enfants ont été enlevés et “disparus” pendant la dictature militaire. La photo est prise sur la Plaza de Mayo, la place centrale de Buenos Aires, devant le palais présidentiel (Casa Rosada). C’est là qu’elles se réunissent et marchent chaque semaine depuis 1977. La photo a été prise pendant la marche hebdomadaire.
Ce sont des femmes argentines dont les enfants ont été enlevés et “disparus” pendant la dictature militaire. La photo est prise sur la Plaza de Mayo, la place centrale de Buenos Aires, devant le palais présidentiel (Casa Rosada). C’est là qu’elles se réunissent et marchent chaque semaine depuis 1977. La photo a été prise pendant la marche hebdomadaire.

LA PORTÉE DU MOUVEMENT AUJOURD'HUI

Aujourd'hui, grâce au travail de toutes ces femmes, plus de 140 enfants volés ont été identifiés et ont retrouvé leurs véritables identités, notamment grâce à l'avancé de la science. Une banque nationale d'ADN a été créée pour faciliter les recherches (c’est la première fois dans l’histoire du monde qu’une banque de données ADN est créée pour cette occasion) : l'idée est simple, prélever l'ADN des parents et ceux des enfants ayant un doute sur leur identité pour vérifier s'ils appartiennent à la même famille.

Ces femmes sont vues par le monde entier comme des modèles de courage et de détermination dans leur lutte pour la justice, la liberté et la vérité. Elles ne sont plus perçues comme « les folles de la Place de Mai », mais comme des héroïnes qui se battent pour leurs familles.

Même si les femmes présentes au départ vieillissent, leur mouvement prend un nouveau souffle car elles sont relayées par des femmes plus jeunes. Tous les jeudis à 15h30, ces femmes se réunissent depuis presque 50 ans Plaza de Mayo à Buenos Aires en Argentine pour réclamer toujours la même vérité sur l'identité des enfants disparus qui n’ont pas encore été retrouvés.


Sources des recherches : site du parlement européen, Terra Argentina, Abuelas de la Plaza de Mayo, Madres de la Plaza de May, Politize ! Argentina, Le Monde.
Le média lycéen de Beaupré et d'ailleurs

Amalthée

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