FOCUS HISTORIQUE SUR LA DICTATURE FRANQUISTE
- Léna Martin-Ringot, Mathéo Thery & Auriane Souded
- il y a 6 heures
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Le 24 mars 2026 fut le 50ème anniversaire du dernier coup d’État en Argentine. Une bonne occasion d’établir un lien entre la dictature argentine de 1976-1983 et la dictature espagnole de 1939-75. C’est pour cela que nous allons donc faire un point sur la dictature franquiste dès le coup d’état de 1936, à la guerre civile et la mort du dictateur Francisco Franco afin d’établir le lien entre ces deux dictatures.

Tout commence le 16 février 1936 : le Front Populaire, une coalition de gauche appuyée en masse par ouvriers, paysans et classes moyennes, remporte les élections législatives.
Suite à ces élections les nationalistes (des militaires de droite et extrême-droite), mécontents du résultat de ces élections et menés par les généraux José Sanjurjo, Emilio Mola, Manuel Goded et Francisco Franco vont comploter pour renverser le gouvernement du Front Populaire par un coup d’État le 17 juillet 1936.
Ce conflit est issu de la traditionnelle polarisation de la population espagnole (droite, gauche) qui va s’accentuer à partir de 1931, suite à la fin de la monarchie et à la proclamation de la Seconde République espagnole, entraînant des changements qui divisent profondément la population comme la réduction du pouvoir de l’église au sein de la société ou encore l’adoption des lois visant l’autonomie de la Catalogne et du Pays Basque.
Ce dernier point peut nous orienter vers la compréhension des motifs nationalistes du putsch de 1936, car il ne faut pas oublier le slogan Franquiste « Una, grande, libre », qui fait référence à la nation espagnole comme étant une, seule et indivisible.
Les 17 et 18 juillet 1936 le plan de Sanjurjo et Mola se concrétise. Une vague de soulèvements nationalistes militaires et civiles secoue le pays. Ces soulèvements, une tentative de coup d’État, échouent et débouchent sur une guerre imprévue, longue et meurtrière qui durera jusqu’au 1er avril 1939.
La guerre civile

Aussi appelée Guerre d’Espagne, ce conflit démarre le 17 juillet 1936 et se termine le 1er avril 1939. Elle oppose les « républicains » (défenseurs du gouvernement républicain élu le 16 février 1936, principalement des sympathisants et membres des partis de gauche et d’extrême-gauche) aux « nationalistes » et militaires putschistes (des soutiens des partis de droite et d’extrême-droite).
Les nationalistes (nacionales en espagnol) seront menés par le général Francisco Franco à partir de septembre 1936, celui-ci succédant à José Sanjurjo, ancien leader des militaires putschistes, mort dans un accident d’avion le 20 juillet 1936 et Emilio Mola, directeur du putsch, mort également dans un accident d’avion le le 3 juin 1937.
Au lendemain du putsch cette division entre républicains et nationalistes se traduit par la séparation du territoire espagnol en deux zones (zone républicaine, zone nationaliste).

Outre les bombardements et batailles, de nombreuses exécutions et massacres collectifs ont eu lieu des deux côtés des belligérants. Le nombre de victimes total de la guerre civile est estimé entre 380 000 et 451 000 morts, chiffres auxquels il faudrait rajouter les victimes de la famine et des épidémies et les victimes de la répression de la part des franquistes vainqueurs sur les républicains après la guerre.
Elle se termine par la victoire des militaires nationalistes, dirigés par Franco, qui s’installera dans le pouvoir jusqu’à sa mort.
La dictature franquiste

Le lendemain de la victoire du général Franco et de son armée, est proclamé « l’Etat espagnol ». Certains principes établis lors de la proclamation de la seconde république sont abrogés : la démocratie et le suffrage universel de 1931 avec le droit de vote pour les femmes, les libertés publiques comme la liberté de presse, la liberté d’expression…
Le franquisme s’appuie sur une idéologie conservatrice. L’église catholique reprend une place essentielle dans la vie politique collaborant avec le gouvernement. Il n’existe plus qu’un seul et unique parti appelé « Movimiento Nacional ».
« L’Etat espagnol » ne possède pas de constitution formelle. Il est régi par des textes fondamentaux édictés par Franco comme le « Fuero del Trabajo » (1938) qui interdit les syndicats libres et les grèves, il n’existe plus qu’un seul syndicat contrôlé par l’état, el sindicato vertical.
Les premières années de la dictature seront marquées par une répression féroce envers les républicains, appelés de manière péjorative « les rouges » par les nationalistes.
La mort de Francisco Franco

Francisco Franco meurt à Madrid le 20 novembre 1975, à l’âge de 82 ans, suite à une longue maladie. Il fut d’abord enterré à Cuelgamuros, dans « El valle de los Caídos » un monument bâti pour commémorer les victimes de la guerre civile, avant d’être exhumé et réinhumé au cimetière de Mingorrubio, où ses restes reposent depuis 2019. Le jour de sa mort marqua la fin de son régime autoritaire, le Franquisme.
La fin de la dictature Franquiste
La dictature se termine le 20 novembre 1975, jour de la mort de Francisco Franco.
Le prince Juan Carlos devient roi d'Espagne le 22 novembre. Franco l’avait choisi comme son successeur en écartant Don Juan, le fils du roi Alphonse XIII, qui régnait jusqu’à la proclamation de la II République, et père de Juan Carlos.
Le nouveau roi initia la transition démocratique du pays, qui aboutit à l'instauration d'une monarchie constitutionnelle dotée d'un parlement élu et de gouvernements décentralisés autonomes. Les premières élections libres auront lieu en 1977.




















