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La crise au Congo (RDC) : tensions et enjeux

  • Tiziana Catillon-Burnouf
  • il y a 2 jours
  • 6 min de lecture
Image de vecteezy 
Image de vecteezy 

J’ai souvent entendu parler du M23 et d’un possible « génocide oublié » au Congo. Mais je n’avais aucune connaissance sur ce sujet. Je voulais comprendre ce qui se passe vraiment dans ce pays dont on parle si peu alors que des millions de personnes y ont perdu la vie. Voilà ce que j’ai compris.

La Conférence de Berlin en 1884-1885 a officialisé le découpage de l’Afrique en zones d’influence coloniale sans considération pour les frontières ethniques ou culturelles préexistantes. C’est dans ce contexte que le bassin du fleuve Congo a été réparti entre la France et la Belgique, aboutissant à la formation de ce qui deviendra plus tard deux États indépendants, le Congo français, aujourd’hui la République du Congo et le Congo belge, aujourd’hui la République Démocratique du Congo.

Aujourd’hui nous allons parler de la République Démocratique du Congo et les problèmes présents dans le pays.

La République Démocratique du Congo (RDC) est souvent appelé Congo-Kinshasa car sa capitale est Kinshasa. Elle a une superficie de 2,34 millions de kilomètres et partage ses frontières avec neuf pays dont la république du Congo, l’Angola, la Zambie, le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et la République centrafricaine.

Lien de l’image sur le site rtbf.be : Le 30 juin 1960, proclamation de l’indépendance du Congo belge à Léopoldville (actuelle Kinshasa)
Lien de l’image sur le site rtbf.be : Le 30 juin 1960, proclamation de l’indépendance du Congo belge à Léopoldville (actuelle Kinshasa)

La République Démocratique du Congo proclame son indépendance le 30 juin 1960 après 75 de domination belge. 


Une indépendance qui ne règle pas les problèmes internes du pays

Cette indépendance ne met pas fin aux problèmes internes qui étaient présents dans le pays durant la période coloniale et la séparation du pays en deux Congo. Très vite des luttes intestines (entre un même groupe d’individus) éclatent entre les différentes ethnies et régions, chacune voulant le pouvoir. Cela provoque notamment la sécession (les groupes se séparent seuls et forment de petits Etats) du Katanga, province riche en minerais qui tente de se détacher du reste du pays. Ces divisions fragilisent le jeune État et expliquent en partie le retard de développement du pays. En novembre 1965, il y a un coup d’Etat portant Joseph Mobutu au pouvoir. Il instaure un régime autoritaire (parti unique, culte de la personnalité). Il rebaptise le pays « Zaïre » en 1971. Mobutu a dirigé le pays d’une main de fer, mais son régime s’est effondré dans les années 1990 à cause de la corruption, de la crise économique et de la perte de ses soutiens internationaux.

Photo de Afrique.lalibre.be : Soldats congolais durant la guerre du Congo (fin des années 1990) en République démocratique du Congo.
Photo de Afrique.lalibre.be : Soldats congolais durant la guerre du Congo (fin des années 1990) en République démocratique du Congo.

En 1996, après l’augmentation de réfugiés rwandais liés au génocide de 1994, Laurent Désiré Kabila , soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, renverse Mobutu lors de la première guerre du Congo. Cependant, une fois au pouvoir, Kabila entre en conflit avec ses anciens alliés refusant leur influence sur le territoire congolais et sur ses richesses. Ces tensions déclenchent en 1998 la Seconde guerre du Congo qui implique neuf pays africains, certains soutiennent le gouvernement (comme l’Angola, le Zimbabwe ou la Namibie) et d’autres soutiennent les rebelles (comme le Rwanda et l’Ouganda). Cette deuxième guerre du Congo provoque environ 5,4 millions de morts ainsi considéré comme le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale.


Les crimes commis lors des guerres du Congo

Dans les guerres du Congo, le viol a été utilisé comme arme de guerre pour terroriser les populations et détruire les populations. Ces violences ont touché principalement les femmes, mais aussi des hommes et des enfants. Le docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix en 2018, est devenu une figure mondiale pour son combat en faveur des victimes.


Des tensions toujours présentes

En 2025, l’Est de la République Démocratique du Congo reste instable malgré la fin officielle des guerres. Il y a des  groupes armés responsables de nombreux massacres en RDC et qui s’affrontent pour le contrôle du territoire et des ressources minières stratégiques avec l’appui supposé de pays voisins. Comme le M23, une rébellion congolaise surtout active au Nord-Kivu composée en grande partie de Tutsis et accusée d’être soutenue par le Rwanda. Ou encore l’ADF un groupe ougandais lié à l’État islamique. L’armée congolaise peine à rétablir l’ordre ce qui provoque des milliers de morts, des déplacements massifs de population et une crise humanitaire persistante. Ces conflits rendent la vie quotidienne très difficile pour les habitants de la région.


Les richesses minières de la RDC (comme l’Or, le Coltan, le Cobalt, le Cuivre…) sont au cœur de ces tensions. Ces minerais sont essentiels pour fabriquer les batteries, ordinateurs, téléphones, voitures et d’autres objets de notre quotidien. Mais au lieu de profiter à la population ils deviennent une source de conflits et de violence car les groupes armés se battent pour contrôler les mines et financer leurs guerres. Certains pays voisins sont accusés d’en profiter illégalement et cette situation est aggravée par la faiblesse de l’État et la corruption qui empêchent la RDC de contrôler pleinement l’exploitation de ses ressources. La situation est paradoxale : la RDC est l’un des pays les plus riches au monde par rapport à ses ressources naturelles mais cette richesse alimente la guerre et la misère plutôt que le développement du pays.

Carte du site villesetcommunes.info : carte représentant la répartition des richesses minières sur le territoire de la RDC.
Carte du site villesetcommunes.info : carte représentant la répartition des richesses minières sur le territoire de la RDC.

Cette situation est aggravée par l’ingérence de pays voisins accusés d’exploiter ces richesses.


Peut-on parler de génocide pour les crises passées ou présentes en RDC ?

Cette notion de génocide est notamment très employée par le gouvernement Congolais qui accuse le Rwanda. Par exemple dans un article Le Monde explique que Félix Tshisekedi, président de la RDC parle d’un « génocide silencieux » dans l’Est du pays imputé au Rwanda.

Pourtant non, nous ne pouvons pas dire avec la situation actuelle qu’il y a un génocide au Congo car il y a une différence entre le crime contre l’humanité et le génocide. Le crime contre l’humanité n’a pas pour but d’exterminer systématiquement un seul groupe d’individu et les raisons du crime sont plus diverses. En RDC il s’agirait d’un crime contre l’humanité tout simplement car le but en RDC n’est pas d’exterminer un groupe d’individus systématiquement et pour des raisons ethniques, politiques ou « raciales » mais ces crimes sont mis en place pour prendre possession des richesses minières, le but des violences n’est pas l’extermination d’un groupe. Dans le cas de la RDC les crimes sont pour contrôler un territoire, ses richesses et ses populations pas dans l’objectif unique et systématique d’anéantir. De plus il y a une multiplicité des victimes. Donc dans le cas de la République Démocratique du Congo on ne peut pas employer le terme de génocide.


Les pistes de solutions aux problèmes en RDC

-       Le renforcement de l’armée et de l’Etat. (Piste énoncé par l’ONU et le Crisis Group (ICG))

-       La coopération avec les pays voisins. (Piste énoncé par l’Union Africaine et la CIRGL)

-       Des missions de paix efficaces. (Piste énoncé par l’ONU)

-       Mieux gérer les ressources minières. (Piste énoncé par Global Witness une ONG)

-       Soutenir les victimes. (Piste énoncé par des ONGS humanitaires et l’ONU)

-       Le développement local (Beaucoup de jeunes rejoignent les groupes armés par faute de travail). (Piste énoncé par le gouvernement Congolais)

 

Conclusion

L’Est de la République Démocratique du Congo reste marqué par des violences massives, des déplacements de populations et une crise humanitaire grave. La guerre généralisée est finie mais les problèmes concernant les ressources minières persistent. Cependant il reste un peu d’espoir notamment du côté des jeunes en RDC qui veulent construire aujourd’hui un pays plus juste et moins violent en travaillant pour la paix, l’éducation et la protection des droits humains comme les membres de la coalition jeunesse, paix et sécurité. Puis il y a aussi la coopération internationale qui joue également un futur où la RDC pourra enfin transformer ses richesses naturelles en développement.

 

Si vous souhaitez regarder ou lire des œuvres sur la crise en République Démocratique du Congo, je vous conseille également :
-       « L’empire du silence »  film réalisé par Thierry Michel et sorti en 2022 avec comme société de production « les films de la passerelle ».
-       « Réparer les femmes » écrit par Denis Mukwege et Guy-Bernard-Cadière publié en 2014 et révisé à la suite du prix Nobel de la paix de Denis Mukwege en 2018.
-       « Au-delà de nos larmes » écrit par Tatiana Mukanire Bandalire aux éditions des femmes-antoinettes fouque publié en 2021.
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Amalthée

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