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  • Séraphin Deuze

Des employées de Blizzard harcelées


De nombreuses accusations de harcèlement sexuel entachent la réputation de Blizzard, un éditeur de jeux vidéo, qui semble tout faire pour étouffer le sujet en interne.

 

Blizzard, ou plutôt « Activision Blizzard » depuis 2019 et son rachat par Activision, est une entreprise américaine de développement de jeux vidéo.

Cette société est créée en 1991 par Allen Adham, Franck Pearce et Michael Morhaime, sous le nom de « Sillicon & Synapse » changé en 1994 pour le nom qu’on lui connait aujourd'hui.

Elle est de nos jours une des plus grandes sociétés de jeux vidéo en termes de revenus, principalement connue pour être à l’origine du jeu le plus rentable de l’histoire, le mmorpg (jeu de rôle massivement multijoueur) World of Warcraft sorti en 2004. Elle s’est depuis fait connaitre pour d’autres jeux dans plusieurs domaines : Overwatch pour les jeux de tir, ou bien Heartstone pour les jeux de cartes.

Harcèlement sexuel dans l'entreprise

Le 20 juillet 2021, le DFEH (Departement of fair employment and housing) de Californie dépose une plainte contre Activision Blizzard à la suite d’une enquête de plus de deux ans, l'accusant de ne pas avoir agi face à des actes d’harcèlement sexuel et de discrimination qui se sont produits dans l’entreprise.

De plus, le 26 juillet, plusieurs centaines d’employés et d’ex salariés ont écrit une lettre ouverte, reprenant certains faits de la plainte en critiquant surtout l’inaction de l’entreprise face à ces actes.

Les faits reprochés à blizzard sont nombreux. En termes de discrimination envers leurs employées, l’enquête a montré que l’entreprise avait tendance à payer les femmes moins que les hommes à poste identique, et qu’elle leur donnait moins de promotions ou de postes avec des plus grandes responsabilités, clamant qu’en étant femmes, elles pouvaient tomber enceintes et qu’elle ne voulait pas risquer de promouvoir une femme qui allait prendre trop au sérieux son rôle et donc, selon l’entreprise, fournir moins de travail.

Les femmes et particulièrement les femmes afro-américaines ont été victimes de discrimination pour prendre des pauses, ou des congés, quand certains de leurs collègues masculins prenaient en plein milieu de la journée des pauses pour jouer, ou même boire.

L’affaire met aussi en lumière de nombreux faits d’attouchements et d’harcèlement sexuel. Des hommes, ivres au bureau, caressaient abusivement des employées en train de travailler, et certains employés faisaient des remarques déplacées à leurs collègues féminines.

Ces pratiques ont malheureusement mené au suicide d’une employée de Blizzard, à la suite de relations sexuelles non consenties qu’elle a subies avec son supérieur lors d’un voyage d’affaire.

La direction était au courant pour beaucoup de ces faits, mais n’a que rarement mené des actions pour lutter contre ces pratiques dans la boîte, les supérieurs se contentant souvent de rappeler à l’ordre les fautifs, les qualifiant de « trop amicaux » avec leurs collègues féminines.

Dans une déclaration officielle de Blizzard, l’entreprise a reconnu que ces pratiques n’avaient pas de place dans leur compagnie, et qu'il fallait agir. Cependant, ils ont nié certains faits, comme l’implication d’harcèlement sexuel dans le suicide de l’employée.

L’entreprise a aussi été accusée de destruction de documents qui pouvaient être dangereux pour l’entreprise.

Le procès n’a pas encore eu lieu, et l’entreprise essaye de l’éviter, par exemple en tentant de disqualifier le DFEH, l’accusant par exemple d’avoir joué en la défaveur de Blizzard lors d’une autre affaire entre l’entreprise et la EEOC (Equal employment opportunity comission) qui vise à maintenir l’égalité des chances dans le travail.


Une tentative de remonter la pente

Pour essayer de sortir de cette crise, Blizzard a entrepris de nombreux changements pour se redonner une image auprès des investisseurs et du grand public.

Certains employés de l’entreprise cités dans l’affaire ont été renvoyés, et certains personnages de leur jeu dont les noms s’inspiraient de ces hommes ont été modifiés. C’est l’exemple du personnage du jeu Overwatch, Mccree, aujourd’hui appelé Cassidy, en référence à Jesse Mccree, un développeur visé par la plainte, et qui faisait partie du « Cosby Crew » un groupe d’employés qui organisaient des soirées très alcoolisées et qui sont responsables d’harcèlements sexuels. De plus, le patron de Blizzard depuis 2018, J. Allen Brack, cité dans l’affaire, a démissionné de son poste l’été dernier.

J. Allen Brack ancien directeur de Blizzard


Pour conclure, on peut voir, depuis le début de l’année 2022 un changement dans la communication de l’entreprise. Ces derniers temps, dans leurs différentes vidéos pour annoncer leur jeu, on trouve de plus en plus de femmes, ou bien de personnes de différentes minorités (afro-américaine, LGBTQ+ etc.), Blizzard voulant offrir une meilleure image en montrant aux spectateurs une plus grande inclusivité et un plus grand respect des droits des minorités.

Mais on peut alors se demander si ce changement sera vraiment durable dans l’entreprise ou si les discriminations vont continuer sitôt que le procès aura eu lieu...

Le média lycéen de Beaupré et d'ailleurs

Amalthée