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  • Alrick Debouverie, Loïc Allender et Théo Boucherie

Le transhumanisme, entre effroi et idolâtrie ?


Idolâtrie ou effroi ? Le sujet du transhumanisme fait polémique. De l'aide médicale jusqu'à l'outil de guerre, quels sont les points positifs et les points négatifs de ce mouvement ? Celui-ci est-il éthique ? Beaucoup de personnes prônent ces idées, mais beaucoup sont contre, allant jusqu’à dire que ceci pourrait détruire l'humanité. Nous sommes donc en droit de nous demander pourquoi ce sujet amène tant d'avis chacun aux extrêmes opposés.

2011, le monde apprend le nom d'Oscar Pistorius, athlète sud-africain amputé des deux jambes, ayant réussi la prouesse de participer aux épreuves de 400 mètres du Championnat du monde d'athlétisme sur ses prothèses faites de lames de carbone. Il est le premier athlète handicapé à se qualifier aux épreuves pour valides aux Jeux olympiques de Londres l'année suivante. Le cas d'Oscar Pistorius est un exemple parfait de transhumanisme, qui permet ici de faire face à un handicap, ce qui paraît plutôt grandement positif.

Oscar Pistorius

Le transhumanisme aujourd’hui

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel et une approche interdisciplinaire internationale prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Un mouvement qui cherche à évaluer les possibilités de surmonter les limites de l'homme grâce aux progrès technologiques. Le développement technique permet d'améliorer les capacités et possibilités de l'homme depuis toujours. Cette possibilité a été valorisée sous le terme de « progrès », mais il y a quelque chose de nettement différent dans le transhumanisme. Le rapport à la technique prend une autre tournure avec les « nouvelles technologies » qui sont beaucoup plus proches du corps de l'homme. En effet, avec les progrès de la biologie et du numérique, la frontière entre l'homme et la machine disparaît. L'individu peut entrer en symbiose étroite avec des artefacts. L'exemple du cœur artificiel et autres prothèses sont aussi des exemples qui permettent dans certains cas de sauver des vies, et dans d'autres cas de la faciliter.

Crainte de la religion

Peur, hérésie ou crime contre Dieu sont des mots qui semblent revenir le plus souvent des hautes personnalités religieuses. Pour eux, la modification de l'Homme par l'Homme semble être un problème, cela reviendrait à modifier la réelle nature humaine. Pour les religieux, modifier la façon dont Dieu a créé l’Homme est impensable. « Fascinée par cette nouvelle puissance, notre raison, instrumentalisée, risque de perdre son sens interne : désirer d’abord d’être entièrement humain, nous explique le Père Tanguy-Marie Pouliquen, prêtre, professeur d'éthique et enseignant-chercheur à l'Institut Catholique de Toulouse. La main risque de ne plus mener l’outil mais d’être menée par lui. » Mais les raisons religieuses ne sont pas les seules à faire barrage aux idéologies transhumanistes.

Le transhumanisme au service de l’armée

Effectivement, le sujet militaire a tendance à gêner, notamment avec l'automatisation de la guerre à l'aide de drones, ou d'hommes assistés par la technologie ou biotechnologie. Nous avons l'exemple des armures de combat high-tech qui permettent de décupler la puissance des soldats, ou des drones utilisés pour la guerre pour minimiser les morts des forces alliées.

Tout cela peut sembler positif, mais que se passerait-il si toute cette puissance militaire se retrouvait hors de contrôle ou si, pour certains dispositifs, ils étaient piratés par d'autres organisations ?

Une nouvelle discrimination

Des questions économiques se posent aussi. En effet, si les effets du transhumanisme se développent, ce ne sera pas sans prix. Et une discrimination entre pauvres et riches, organiques et améliorés, se creusera alors. Cette question peut se poser dès maintenant avec Elon Musk, qui entreprend de créer une entreprise pour fusionner notre cerveau à un ordinateur. Elon Musk, Google, Mark Zuckerberg, ces principaux promoteurs du transhumanisme font partie des principales grandes richesses du monde, de l’élite capitaliste. Comment ne pas imaginer que leurs œuvres ne soient réservées qu'aux personnes fortunées ? Le système capitaliste se fondant sur la propriété privée des richesses créées socialement, le marché entraîne l'appauvrissement des classes sociales déjà pauvres et enrichit la minorité qu'est la classe supérieure, minorité qui est déjà de plus en plus petite. Un tel marché, celui du transhumanisme, viendrait s'ajouter au fossé qui sépare déjà les classes opposées, menant à de plus en plus d'inégalités.

Un progrès ?

La question la plus évidente qui résulte de ces faits pour et contre le transhumanisme est la suivante : jusqu'où peut-on pousser le transhumanisme sans enfreindre la morale et l'éthique, sans arriver à de l'eugénisme ? Car malgré tous ses bénéfices, le transhumanisme semble effectivement poser un problème éthique pour beaucoup de raisons différentes, qu'elles soient sociales ou spirituelles. La modification humaine est-elle morale ? Jusqu'où ira le transhumanisme ? Que sera-t-il capable de faire ? L'Homme restera-t-il aux commandes ? Tant de questions éthiques qui n'ont pas encore réellement de réponses et qui nous rappelleront les scénarios de certains films comme Matrix, Terminator et d'autres encore. Tant que le transhumanisme reste une aide à la santé pour les personnes dans le besoin ou pour les personnes dont le recours est vital, ou tant qu'il reste un gadget non-indispensable, il n’y a pas de danger pour l’humanité.

#transhumanisme #sciences

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